Pourquoi je peins?

November 21, 2019

La réponse est simple : peindre est ma vie. Ou plus précisément : il me semble que je suis né pour créer. Toute ma vie, mes créations m'ont fait vive, m'ont fait connaître par des amateurs dont beaucoup sont devenus, depuis, des amis, se trouvant un peu partout dans le monde en plus de ceux habitant près de moi en France.

Depuis mes 10 ans environ j'ai toujours eu un crayon en main. Une de mes tantes, elle-même artiste-sculpteur, attirée par ce qu'elle estimait un "don précoce" m'a donné les premiers enseignements de la perspective et du regard sur un visage et un corps humain. Ces premiers enseignements m'ont fait regarder le monde qui m'entourait d'une toute nouvelle façon pas seulement pour reproduire ce que mes yeux captaient, mais aussi pour y ajouter, (d'une façon instinctive), ma contribution de beauté.  Depuis, je n'ai jamais cessé de dessiner, de l'art pur, oui, mais aussi à partir de mes 18 ans, dessiner les objets, montres et bijoux divers que je fabriquais dans mes ateliers et dans mon usine horlogère, et qui m'ont fait vivre pendant plus de 40 ans et par lesquels mon nom avait été connu presque par le monde entier.

Pendant toutes ces années je n'avais jamais abandonné ma production purement artistique mais celle-ci restait chez moi, non divulguée, s'entassant dans des placards.

Et puis un jour est venue la décision : je devais changer ma façon de vivre et me consacrer entièrement à ce qui était devenu une passion irrésistible : la peinture.

A mes tout débuts j’étais un peintre « figuratif » tout ce qui m’entourait avait servi comme modèle : vases de fleurs, fruits, les deux arbustes dans mon salon, ma veste sur le fauteuil et les paysages que je voyais par ma fenêtre à divers moments de la journée. J’avais la chance d’avoir une vue ouverte sur la Seine, sur deux ponts, et plus loin sur la colline du Trocadéro. Tous ces paysages étaient différents aux divers moments de la journée ou l’éclairage  changeait suivant le mouvement du soleil. Je peignais, je peignais et puis sans que vraiment je m’en aperçoive, mes représentations peintes sont devenues petit à petit « abstraites ». Je me l’explique maintenant par le fait que j’essayais surtout de capter les lumières et les « âmes » de ce que j’avais sous les yeux. Et avec la lumière qui changeait, les « âmes » (je ne sais comment nommer ce que je ressentais) variaient aussi et les traits s’estompaient, les formes définissables disparaissaient. Mes pentures sont devenues abstraites et continuent à l’être jusqu’à présent. Le ressenti des « âmes » invisibles a remplacé le vu. 

Aujourd’hui, et cela depuis déjà pas mal d’années, je peins en essayant de reproduire les harmonies du monde que je ressens. Devant la toile blanche je ne sais comment sera le tableau quand je déciderai qu’il est « fini » J’avoue sentir en moi l’invisible, je le dis avec de la pudeur mais c’est bien ça en définitive qui pouce ma main : le besoin, plus que la volonté, de représenter l’harmonie, universelle, du moment. Et, miracle, je m’aperçois, que les collectionneurs qui achètent mes œuvres, voient en elles leur propre « vérité », leur propre beauté. Que ce soit le souvenir d’une vision passée ou d’un « moment de la vie » peu importe, je sais moi que c’est une conversation interne à l’être qui se produit et qui dirige le choix de l’achat entre un ou un autre tableau.

Je crois que c’est en cela, par ce que j’appelle une « abstraction active », que ma peinture se distingue.

Je ferai tout mon possible pour que cela continue.

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